Seyes

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Histoire

Depuis 2003, l'histoire de Seyes reflète le combat quotidien d'entrepreneurs volontaires et désireux de conjuguer démarche personnelle et démarche entrepreneuriale. C'est cette vision nouvelle de la mode qui fait de Seyes une marque référence dans les milieux d'apparences incompatibles que sont le design et le développement durable.

Mais battre en brèche les idées convenues et les habitudes avec la créativité pour seule arme est une ambition qui apporte autant de succès que de désillusions.

Chronologie d'une aventure.

2003 : des idées

Le premier logo Seyes

Amis depuis leur rencontre sur les bancs d'une école de commerce, Hervé Guétin et Stéphane Martin se retrouvent autour d'une volonté commune de mettre leurs connaissances et expériences professionnelles au profit d'un projet d'entreprise citoyenne. Leur mission originelle repose sur trois piliers fondateurs :

  • prendre plaisir au travail,
  • inciter les consommateurs à réfléchir à leurs actes d'achat sans "faire la morale",
  • créer une entreprise dont le mode de fonctionnement propose une réelle alternative aux processus existant du secteur convoité.

Leur choix se porte donc sur la mode - équilibre idéal de ces trois conditions :

  • s'épanouir dans un métier dirigé par la créativité et une forte dimension artistique,
  • faire comprendre au citoyen-consommateur qu'il est possible de "consommer la mode" autrement,
  • participer à la mise en place de bonnes pratiques dans l'industrie textile devenue si peu respectueuse des personnes et de l'environnement.

En parallèle à une nécessaire étude de marche, suit un long apprentissage de la technique textile, des impacts sociaux et environnementaux de son industrie, des enjeux passés, actuels et futurs du secteur. Il est alors décidé de créer une marque de pullovers haut-de-gamme et fabriqués en France à partir de coton biologique issu d'un projet équitable en Inde. Une filière est alors créée afin de maîtriser au mieux la fabrication des collections tout en garantissant une transparence élevée sur l'ensemble du cycle de vie des pullovers.

2004 : du concret

Une première série de prototypes est présentée au salon Ethical Fashion Show qui, lui aussi, inaugure sa première édition place des Vosges à Paris. Cet événement naissant rassemble quelques marques tout aussi jeunes dont certaines, comme Seyes, gagneront bientôt en notoriété (Ideo, Veja, Misericordia, Tudo Bom ?...).

L'accueil pour les créations de Seyes est très favorable. La griffe se distingue particulièrement par sa volonté de fabriquer en France et de proposer une autre vision du commerce équitable : la relocalisation.

L'année suivant le salon Ethical Fashion Show 2004 sera donc consacrée à la mise en fabrication des prototypes et des structures administratives et commerciales permettant de lancer Seyes officiellement 12 mois plus tard, sur le salon Ethical Fashion Show 2005.

2005 : le succès

La campagne du lancement en 2005
La démarche résolument engagée de Seyes a été récompensée par le prix Ethical Fashion Show décernée par Katharine Hamnett, Max Havelaar, le groupe PPR et Isabelle Quéhé.

La première (et petite) collection de Seyes est lancée lors de la seconde édition du salon Ethical Fashion Show. La mode éthique commence à diffuser ses principes et à faire connaître ses acteurs auprès du grand public. Ce rassemblement, soutenu par de grands groupes industriels et collectivités, regroupe désormais une soixantaine de marques et créateurs.

La démarche et la collection de Seyes sont particulièrement remarquées par un public de professionnels de la mode, du commerce équitable et de la distribution : Seyes reçoit le "Prix de la mode éthique" du salon Ethical Fashion Show. Cette distinction décernée par Katharine Hamnett et des représentants du groupe PPR, de Max Havelaar et de Pfaff fait écho dans les médias et garantit un lancement réussi à la jeune marque qui voit bondir ses ventes sur son site internet.

Ainsi, dès la naissance, la reconnaissance : Seyes peut maintenant développer ses futures collections et envisager une activité aussi prospère que réfléchie.

2006 : les premières déceptions

Echarpes de la collection 2006

Hervé et Stéphane réussissent le pari de passer de six références à près de soixante sur l'année 2006. A l'hiver 2006, la collection propose une gamme élargie de formes, de mailles, de couleurs... déclinées sur une gamme de pullovers et - nouveauté - d'écharpes assorties. Ces dernières connaissent un grand succès car elle sont le complément idéal aux pulls pour les clients fidèles tout en représentant un premier achat meilleur marché pour une clientèle jusqu'ici difficilement touchée par Seyes.

Mais à peine les fêtes de fin d'année 2006 passées, l'atelier de confection partenaire de Seyes est contraint de cesser son exercice car son client le plus important (et malheureusement majoritaire) a décidé de délocaliser sa production. L'usine est reprise par une société dont l'objectif est d'en orienter l'activité vers des métiers différents du prêt-à-porter rendant impossible sa collaboration avec Seyes.

Fin 2006, le bon fonctionnement de Seyes est donc compromis et le lancement de la collection suivante, prévue pour mars 2007, est inenvisageable.

2007 : une persévérance à nouveau récompensée

Le polo Seyes en coton biologique
Seyes a également reçu le prix Elans de Mode décerné par la Fédération Française du Prêt-à-Porter et remis par Lady Owen Jones, Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO.

Début 2007, Hervé et Stéphane décident alors de faire l'impasse sur la collection de l'été à venir et se concentrent sur la recherche d'un nouvel atelier pour l'hiver 2007. Cependant, afin de garantir une continuité de la marque, seuls deux polos sont mis sur le marché pour l'été 2007.

En parallèle, une entente est trouvée avec un atelier de la région roannaise qui acceptera de fabriquer une ligne exclusive d'écharpes pour l'hiver. Des prototypes sont présentés à un réseau de boutiques, de journalistes et de professionnels de la mode qui se montrent très attentifs à la persévérance des deux fondateurs de Seyes.

L'intérêt de la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin est également suscité. En juin 2007, Seyes reçoit un prix "Elan de Mode" remis par Lady Owen Jones, Ambassadeur de Bonne Volonté de l'UNESCO au nom de cette fédération professionnelle.

De quoi redonner du baume au coeur et aider Seyes à construire un réseau d'une cinquantaine de points de vente.

2008 : la suite des ennuis

La campagne 2008

La collaboration entre Seyes et le nouvel atelier roannais sera brutalement interrompue suite à une mésentente profonde entre les dirigeants des deux sociétés. A nouveau : tout est à refaire avec de nouveaux fournisseurs.

Hervé et Stéphane repartent donc sur la route à la recherche d'usines et se lient d'amitié avec le jeune repreneur d'un atelier de tricotage qui deviendra le tricoteur de Seyes tout en lui faisant profiter de son réseau de partenaires. Une collection d'écharpes, de gants et de bonnets est prototypée au printemps et présentée au réseau de détaillants de Seyes. L'accueil est si bon que les coûts engendrés par les difficultés passées sont absorbés mais il reste difficile de garantir une rémunération suffisante à Hervé et Stéphane.

Le sort semble s'acharner quand, l'été venu, l'entreprise ayant réalisé la confection des derniers prototypes cesse son activité à son tour, victime de conflits internes. Seyes est donc contraint de réaliser un tour de force pour redévelopper sa collection avec un atelier de confection qui aura aussi la charge de fabriquer les quelques milliers d'articles commandés par les boutiques au printemps.

A son tour, ce dernier atelier, victime d'un important client devenu insolvable, cesse son activité fin 2008.

Exténués par ses difficultés et attristés par ce saisissant contraste entre déconvenues industrielles et succès commercial, Hervé et Stéphane décident alors de procéder à la liquidation de Seyes.

2009 : une nouvelle page à écrire

Non résigné à abandonner ce projet d'une vie et convaincu du potentiel d'une idée qui n'avait jusqu'ici pas été réalisée par Seyes (la "customisation"), Hervé décide malgré tout de continuer l'aventure en solitaire.

Il quitte, avec Seyes, son Paris natal et s'implante dans la région roannaise, bastion toujours dynamique du textile en France.

Une mise au vert somme toute légitime et une histoire à continuer à laquelle vous pouvez prendre part !